La méthode MIYAWAKI pour créer des forêts

Ecologie

La méthode Miyawaki pour créer des forêts tient son nom du botaniste japonais nommé Akira Miyawaki. Avec sa méthode plutôt recherchée, il contribue à la construction de forêts indigènes de grandes envergures.

La raison primordiale de cette innovation est de démontrer d’une part que cette nouvelle méthode fait croître les plantes 10 fois plus rapidement, et d’autre part que la forêt résultant de cette expérience est 30 fois plus dense.

Déterminer la texture du sol

La texture du sol aide à déterminer les éléments suivants :

  • La capacité de rétention d’eau ;
  • L’infiltration d’eau ;
  • La possibilité de perforation des racines ;
  • La rétention des nutriments et l’érodabilité ;
  • Vérifier si la texture est sableuse, limoneuse ou argileuse.

Suite à cela vous devez renforcer le sol en y ajoutant certains éléments.

La biomasse

Les matériaux de perforation aident à optimiser la finesse de l’ouvrage en permettant aux racines de se développer rapidement. Pour cela, nous pouvons utiliser de la biomasse de nature spongieuse et sèche.

La cosse est un sous-produit qu’on peut facilement se procurer dans les moulins à grains et les magasins d’aliments pour animaux. Il en existe une grande variété. On peut citer la cosse de riz, la cosse de blé, la cosse de maïs ébréchée ou coquilles d’arachide ébréchées. Ces cosses ne sont pas utilisées pour les mêmes fins.

L’eau

La rétention d’eau aide le sol à retenir plus d’humidité et d’eau par rapport à sa capacité naturelle de rétention d’eau. Des matériaux naturels tels que la tourbe de coco ou la tige de canne à sucre sèche peuvent être utilisés. Un bon test consiste à plonger le matériau dans l’eau pendant un certain temps, à le retirer et à le presser. Si de l’eau suinte pendant la compression, le matériau peut être utilisé comme retenue d’eau.

Les engrais organiques

Les engrais organiques sont nécessaires pour se nourrir. Différents matériaux peuvent être utilisés selon les régions et les disponibilités, comme le fumier de vache, le fumier de chèvre ou le lombricompost. Comparé au lombricompost, le fumier est un engrais végétal à libération lente de nutriments.

La paille

La paille isole et protège le sol. Elle empêche la lumière du soleil de tomber directement sur le sol. La lumière directe du soleil rendra le sol sec et rendra les conditions difficiles pour les jeunes plants.

Ceci est particulièrement important au cours des 6 à 8 premiers mois, car les plantes sont jeunes. La paille joue également un rôle important dans la prévention de l’évaporation de l’eau. Les options incluent la paille de riz, la paille de blé, la tige de maïs ou la tige d’orge.

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Sélectionner les espèces d’arbres pour la plantation

Nous devrions essayer de planter autant d’espèces que possible pour la biodiversité. Pour le faire, vous devez faire une base de données de toutes les espèces indigènes de votre région. Ensuite vous devez vérifier son type, ses avantages et sa hauteur maximale.

La hauteur idéale de ses derniers est de 60 à 80 centimètres. Sélectionnez autant d’espèces que possible, pour la biodiversité. Vous devez choisir des plantes qui poussent à différents niveaux.

Concevoir la forêt

Pour concevoir la forêt vous devez avoir les éléments suivants :

Plan directeur

Identifier la zone exacte de reboisement afin de se procurer les matériaux et d’exécuter le projet. La largeur minimale de la zone du projet doit être de 3 mètres, mais 4 mètres sont recommandés.

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Plan d’arrosage

La disposition de la canalisation d’eau peut être conçue par un architecte. Cela doit être en fonction des besoins quotidiens en eau de la zone, soutenus par des puits de forage et des réservoirs aériens. La forêt doit être arrosée régulièrement pendant les 2-3 premières années.

Planification de l’exécution du projet

Vous devez identifier les espaces tels que les zones de stockage de matériaux, le bureau de chantier et l’aire de repos pour les ouvriers. Il devrait également y avoir des routes d’accès à la zone de reboisement pour l’accès des engins de terrassement, et aux zones de stockage des matériaux/gaules pour l’accès des camions, si la zone du projet est grande.

Préparation de la zone

Pour cette étape, vous devez d’abord visiter le site pour déterminer la faisabilité et la portée du projet, prendre des photos du site.

Confirmez la disponibilité des clôtures, du personnel d’entretien, de l’eau courante et de la lumière du soleil.

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Le site doit être exposé au soleil pendant au moins 8 à 9 heures par jour. Les mauvaises herbes enlèvent la nutrition du sol et restreignent également le mouvement des matériaux et des personnes. Par conséquent, ils doivent être nettoyés manuellement ou à l’aide d’un tracteur si la zone est immense. Il faut s’assurer que les mauvaises herbes arrachées sont éliminées du site sinon, elles peuvent repousser.

Il doit y avoir une ligne principale avec des sorties d’eau pour les tuyaux, qui peuvent atteindre toute la zone de la forêt. L’arrosage doit être effectué quotidiennement à l’aide d’un tuyau, et non par irrigation goutte à goutte. Le besoin est d’environ 5 litres/m² par jour.

Les zones doivent être marquées avant le début des travaux de terrassement. Assurez-vous que le marquage correspond à 100% au plan.

Faire des routes d’accès aux zones marquées. Le chemin peut être de n’importe quel matériau mais les camions et tracteurs doivent pouvoir l’emprunter.

Planter les arbres

Le perforateur, le rétenteur d’eau et l’engrais, tous sans grumeaux, doivent être mélangés ensemble. Ils doivent être mélangés dans le rapport exact comme cela a été décidé initialement, pour chaque monticule.

Chaque forêt est créée sur une butte de 100 m². À l’aide d’un engin de terrassement, creusez d’abord la terre à une profondeur de 1 mètre sur le terrain.

Remettez la moitié de la terre dans la fosse et étalez-la uniformément. Mélanger au sol la moitié de la biomasse préparée à l’étape précédente. Remettez ensuite la terre restante dans la fosse et étalez-la uniformément. Maintenant, mélangez la biomasse restante avec ce sol. Ensuite, façonnez-le en monticule.

Dans la méthode Miyawaki, toutes les gaules seront plantées ensemble sur un monticule, contrairement aux plantations conventionnelles où des fosses individuelles sont creusées pour chacune.

Placez des plantes sur le monticule pour créer une forêt naturelle multicouche. Essayez de regrouper les plantes qui poussent en différentes couches dans chaque m². Essayez de ne pas placer deux arbres du même genre l’un à côté de l’autre et de maintenir une distance de 60 cm entre les gaules. L’objectif est d’avoir une plantation dense et diversifiée.

Pour planter l’arbre, creusez une petite fosse sur le monticule avec une truelle. Retirez le sac de racines dans lequel la plante pousse et placez délicatement la plante dans la fosse. Nivelez doucement le sol à l’extérieur autour de la tige de la plante, mais il ne faut pas presser ou compacter le sol.

Les gaules ont besoin de soutien pendant les premiers mois afin qu’elles ne s’affaissent pas ou ne se plient pas. Insérez des bâtons de support dans le sol près de la plante, sans endommager les racines. Pour les plantes de moins de 1 mètre, utilisez des tiges de bambou de 1 mètre de long. Pour celles plus hautes, utilisez des bâtons de bambou légèrement plus épais de 2 à 2,5 mètres de long.

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Entretenir la forêt durant trois ans

La forêt doit être surveillée une fois tous les 1 à 2 mois. Cela permet de vérifier si les objectifs ont été atteints et si des changements doivent être apportés pour améliorer les résultats. Comptez le nombre de gaules qui ont survécu et enregistrez les données. La croissance d’espèces sélectionnées doit également être surveillée.

Arrosez la forêt avec un tuyau d’arrosage une fois par jour. Gardez la forêt sans mauvaises herbes pendant les 2-3 premières années. Dès que la forêt commencera à pousser, sa croissance va ralentir celle des mauvaises herbes au point même de l’arrêter.

Assurez-vous que les plantes restent droites, ne sont pas enfouies sous le paillis et ne sont que légèrement attachées au bâton de support.

Installer un système de drainage approprié afin que l’eau ne s’accumule nulle part dans la forêt.

Le taux de mortalité des plantes est généralement de 2 à 5%. La mortalité ne doit être contrôlée qu’après 3 à 4 mois de plantation. N’utilisez que des engrais organiques. Si vous remarquez des parasites, ne les dérangez pas. La forêt va lentement construire son système immunitaire pour se protéger et se maintenir en bonne santé.

Le paillage doit être maintenu pendant au moins un an. Le sol doit être paillé à nouveau avec le temps, car un sol sec nuit à la santé de la forêt. De plus, n’enlevez jamais de matières organiques comme les feuilles mortes du sol forestier, car cela anéantit les bons microbes du sol.

Au fur et à mesure que l’arbre grandit, des bâtons de support plus longs peuvent être nécessaires pour que la pousse de l’arbre ne s’affaiblit pas. Ne jamais couper ou élaguer la forêt car cela pourrait l’affaiblir pour de bon.

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Agnès Perrin - Jeune rédactrice, Agnès est spécialisée dans la décoration d’intérieure. Sensible à l’écologie, son objectif est de vous sensibiliser et vous donner des solutions pour agir.